Introduction
Aujourd’hui, les océans couvrent plus de 70 % de la surface terrestre et jouent un rôle fondamental dans l’équilibre climatique, la biodiversité et la vie humaine. Pourtant, les activités humaines, telles que la surpêche, la pollution et le réchauffement climatique, menacent gravement ces écosystèmes. Étudier l’impact des actions humaines sur l’environnement marin est essentiel pour comprendre l’ampleur des dommages causés et anticiper leurs conséquences sur la biodiversité, la sécurité alimentaire et la régulation climatique.
Au-delà des enjeux écologiques, ils sont aussi au cœur d’enjeux économiques et militaires majeurs. Ils représentent une source essentielle de ressources, avec un marché mondial de la pêche évalué à plus de 400 milliards de dollars, et sont également des voies stratégiques pour le commerce international, puisque 90 % des échanges mondiaux transitent par la mer. Par ailleurs, la militarisation croissante de certaines zones maritimes et les tensions liées aux droits de pêche ou aux ressources sous-marines accentuent les rivalités géopolitiques. En mettant en lumière ces enjeux à travers des données et des analyses graphiques, nous cherchons à évaluer : Dans quelle mesure et de quelle manière les activités humaines impactent les océans ?
Ce travail s’organise en trois axes sur les données des 5 continents : nous analyserons d’abord les pratiques de pêche à travers le monde en identifiant la capture de poissons par type de bateaux, la part des types de pêches par pays, et l’évolution de la consommation de poissons par personnes. Ensuite, nous examinerons les impacts de ces activités sur l’environnement, notamment les émissions de CO² liée à la pêche et les effets sur la santé des espèces marines. Enfin, nous étudierons les réglementations mises en place pour protéger les océans, en nous intéressant à la part des eaux territoriales protégées.
1) Pratiques de pêche
Aujourd’hui, nous faisons face à des pratiques de pêche non durables qui constituent une menace majeure pour les écosystèmes marins et la biodiversité. La surpêche consiste à prélever des poissons à un rythme supérieur à leur capacité de reproduction, ce qui entraîne l’épuisement des stocks halieutiques et la disparition de certaines espèces. La pêche industrielle utilise des méthodes destructrices causant des dommages irréversibles aux habitats marins, comme pour les récifs coralliens ou la diminution de certaines espèces marines. De plus, ces pratiques compromettent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de nombreuses communautés dépendantes de la pêche. Pour préserver les ressources marines, il est essentiel d’adopter des réglementations qui puissent permettre une plus grande protection de la biodiversité marine.
Graphique 1
Note de lecture : Le type de bateau “Chalutier_pélagique” a connu une forte augmentation de capture de poissons jusqu’aux années 1990, avant de connaître une baisse significative après 2000.
Analyse : Dans ce grapgique, nous apercevons une forte augmentation des captures réalisées par les chalutiers pélagiques (courbe bleue) entre 1950 et les années 1990, atteignant un pic d’environ 40 millions de tonnes à la fin des années 1990. Le chalut de fond (courbe rouge) suit une tendance similaire au chalutier pélagique avec une croissance rapide jusqu’aux années 1980, puis une relative stagnation et une légère baisse après 2000. Cela peut être lié à des réglementations environnementales ou à une diminution des stocks de poissons exploités par ce type de pêche. Le filet maillant a connu une progression stable mais moins marquée que les chaluts, indiquant une méthode de pêche plus constante et peut-être plus durable. Le senneur est en augmentation progressive jusqu’aux années 2000, avant une stabilisation.
Les autres techniques de pêche ont des volumes moindres, mais on remarque une tendance à la hausse pour certains, notamment le palangrier (courbe verte foncée), qui pourrait indiquer une diversification des techniques de pêche. Toutefois, on observe depuis les années 2000 une tendance au déclin ou à la stabilisation des captures, probablement en raison des politiques de gestion des ressources halieutiques et de la diminution des stocks de poissons.
Certaines pratiques de pêche destructrices sont aussi privilégiées par la plupart des continents et de leurs industries. Les chalutiers de fond et les chalutiers pélagiques sont les plus polluants et les plus risqués pour l’environnement. Le chalutage de fond détruit les habitats marins en raclant les fonds océaniques, ceci perturbe les écosystèmes et libérant du carbone stocké dans les sédiments. Les chalutiers pélagiques, bien qu’opérant en pleine mer, capturent souvent des espèces non ciblées (prises accessoires), et menacent la biodiversité. De plus, ces techniques nécessitent beaucoup de carburant, augmentant les émissions de CO₂. Quant au senneur, il est un type de bateau de pêche utilisant une senne, un grand filet déployé en cercle autour d’un banc de poissons, puis resserré par le bas pour capturer le maximum d’individus. Ce type de pêche est principalement utilisé pour capturer des poissons pélagiques comme le thon ou les sardines. Bien qu’elle soit plus sélective que le chalutage, la senne peut poser des problèmes environnementaux, notamment la capture accidentelle d’espèces non ciblées (dauphins, tortues) et la surexploitation de certaines populations de poissons.
Graphique 2
Note de lecture : En 2018, la pêche industrielle représentait 74% des types de pêches dans le monde.
Analyse : La pêche industrielle domine dans la plupart des pays développés comme la Russie, le Japon, la France et les États-Unis, tandis que la pêche artisanale et de subsistance est plus importante dans les pays en développement comme le Bangladesh et la Tanzanie. A savoir, que la pêche de subsistance est une pêche destinée à la consommation locale et familiale, donc sans but commercial et assure la sécurité alimentaire des communautés côtières. Enfin, on observe que la pêche de loisir reste marginale mais visible dans certains pays développés. On conclut que ces différences reflètent des modèles économiques variés et des dépendances contrastées aux ressources marines.
Bien que moins intensive, la pêche artisanale et de subsistance, peut exercer une pression écologique locale en raison de la surexploitation des stocks et de la destruction des habitats côtiers. La pêche industrielle, avec ses techniques massives (chalutage, senne, palangre), est la plus destructrice, contribuant à la surpêche, aux prises accessoires et à la dégradation des écosystèmes marins. La pêche de loisir est moins impactante globalement, mais peut localement perturber les populations de certaines espèces, notamment lorsqu’elle est mal réglementée. Ainsi, chaque type de pêche présente des défis écologiques qui nécessitent une gestion durable pour préserver les ressources marines.
Graphique 3
Note de lecture : L’Asie a connu une augmentation significative de sa consommation de poissons par personne depuis les années 1960, dépassant l’Europe et l’Océanie autour des années 2010.
Le graphique montre une évolution contrastée de la consommation de poissons selon les continents entre 1961 et 2021. L’Asie affiche une croissance constante et marquée, dépassant tous les autres continents vers 2010, tandis que l’Europe et l’Océanie, après une forte hausse, connaissent une stagnation voire un léger déclin après 2000. Les Amériques enregistrent une progression plus modérée mais stable, alors que l’Afrique, avec une consommation initialement plus faible, voit sa courbe plafonner autour de 10 tonnes par personne ces dernières décennies. Ces tendances reflètent des différences dans les habitudes alimentaires, l’accès aux ressources halieutiques et le développement économique des différentes régions.
La consommation de poisson par l’homme pose un enjeu majeur en matière de durabilité des ressources marines. La demande croissante, particulièrement en Asie et en Europe, entraîne la surexploitation des stocks. Cela menace la biodiversité et l’équilibre des écosystèmes marins. Une gestion durable des pêcheries et une consommation responsable sont essentielles pour préserver les océans et garantir la sécurité alimentaire des générations futures.
2) Impacts de ces activités sur l’environnement
Graphique 4
Note de lecture : Le flet sauvage est le poisson ayant l’empreinte
carbone la plus élevée, avec une émission de CO₂ par kilogramme bien
supérieure aux autres types de poissons.
Le graphique met en évidence d’importantes disparités dans les émissions
de CO₂ selon les types de poissons et leur mode de production. Les
poissons sauvages, en particulier le flet et le homard, affichent des
émissions très élevées, probablement en raison des techniques de pêche
intensives nécessitant une forte consommation de carburant. À l’inverse,
l’aquaculture de certaines espèces comme les algues et les bivalves
présente un impact environnemental bien plus faible. Cette tendance
suggère que la consommation de produits de la mer issus de l’élevage, en
particulier ceux ayant un faible impact carbone, pourrait être une
alternative plus durable pour réduire l’empreinte écologique de
l’alimentation.
L’empreinte carbone liée à la consommation de poisson constitue un enjeu écologique majeur, car les émissions de CO₂ issues de la pêche et de l’élevage intensif contribuent au changement climatique. L’augmentation du CO₂ entraîne l’acidification des océans qui perturbe les écosystèmes marins et menace des espèces clés comme les coraux et les mollusques. De plus, le réchauffement des eaux affecte la répartition des poissons, fragilise la biodiversité marine et met en danger la sécurité alimentaire des populations dépendantes des ressources halieutiques.
Graphique 5
Note de lecture : Le niveau de biomasse du thon en 2015 était environ égal à son niveau de biomasse à son rendement maximal durable. Les stocks de poissons sont mesurés par leur biomasse : le nombre d’individus multiplié par leur masse. Ici, la biomasse est mesurée comme la biomasse d’un stock de poissons divisée par la biomasse à son rendement maximal durable - le niveau auquel nous pouvons capturer la quantité maximale de poissons sans que les populations de poissons ne diminuent. Une valeur de 1 maximise la prise de poissons sans diminuer les populations de poissons.
On observe une très forte diminution de la santé des stocks de poissons depuis les années 70 pour les 5 types de poissons analysés. On voit par exemple que les requins et raies et bivalves sont passées nettement sous la barre des 1, ce qui signifie que continuer a en capturer à la même quantité va altérer la population et diminuer la durabilité de l’espèce.
3) Réglementation mise en place
Graphique 6