L’Afrique, à l’image des autres continents du monde n’est pas exemptée de la question des déchets plastiques et de leur présence dans son cadre de vie et dans l’environnement en générale. Ainsi en 2016, l’Afrique subsaharienne a produit environ 174 millions de tonnes (Mt) de Déchets Solides Ménagers (DSM) selon le What A Waste 2.0, de la Banque Mondiale. Cette quantité tant à croitre considérablement compte tenue de plusieurs paramètres dont le boom démographique, le changement du mode de vie et surtout la gestion de ces déchets vis-à-vis de la préservation de l’environnement.
Face à cette évolution de la production des déchets plastiques surtout en Afrique subsaharienne, nous nous sommes penchés sur la question afin d’analyser des données de seize (16) pays de l’Afrique Subsaharienne sur la génération des déchets plastiques et les différents modes de gestion.
De là se dégage donc notre thème qu’est « l’Analyse des déchets plastiques sur l’environnement en Afrique subsaharienne : cas de 16 pays » Notre travail sera donc déroulé selon les grands points suivants : La problématique L’état de l’art la contextualisation du problème ; la méthodologie utilisée ; la présentation des résultats et leur analyse ; la conclusion.
Notre projet vise à analyser des données environnementales et socio-économiques pour fournir des recommandations stratégiques. À travers une analyse en composantes principales (ACP), le projet met en lumière les relations entre différentes variables clés (telles que la mortalité animale, les émissions de surface, les émissions océaniques, et des aspects prospectifs spécifiques). Il examine également les similitudes et différences entre divers pays africains en fonction de ces indicateurs. En termes d’objectifs nous avons : - Identifier les principales corrélations entre variables environnementales et socio-économiques. - Distinguer les profils des pays étudiés pour orienter les priorités de gestion ou de politique publique. - Utiliser les résultats pour élaborer des stratégies d’intervention adaptées aux besoins spécifiques des régions. Comme résultats on a : - Les graphiques PCA montrent des regroupements distincts de variables et d’individus (pays), indiquant des zones de convergence ou de divergence sur des thématiques clés. - Le Nigeria et le Sénégal se distinguent fortement des autres pays, probablement en raison de leurs profils environnementaux ou socio-économiques particuliers. - Des similarités ont été détectées entre des pays tels que le Niger, le Mali, le Burkina Faso, qui partagent des caractéristiques communes en termes de mortalité animale. - Des similarités ont été détectées entre des pays tels que le Libéria et la Côte d’Ivoire, qui ont de fortes valeurs pour les productions spécifiques en déchets plastiques. - Et pour les autres pays sont similaires sur de faible valeur sur la production spécifique. Le projet offre une vision analytique qui peut guider les décideurs dans la mise en œuvre d’initiatives ciblées, par exemple pour réduire les émissions environnementales ; améliorer les conditions de vie animale ; prioriser les politiques économiques en fonction des spécificités locales. Comme perspective à la suite de ce projet, nous visons à : - Approfondir l’analyse des données pour mieux comprendre les facteurs sous-jacents des corrélations identifiées ; - Formuler des recommandations concrètes basées sur les résultats de l’ACP ; - Assurer une diffusion efficace des résultats auprès des parties prenantes pour favoriser leur adoption.
Comment améliorer la gestion des déchets plastiques en Afrique de subsaharienne afin de limiter leurs impacts environnementaux, tout en prenant en compte les spécificités locales et les contraintes socio-économiques ?
La pollution plastique est l’un des enjeux environnementaux les plus
pressants de notre époque, affectant aussi bien les écosystèmes marins
que terrestres. En Afrique subsaharienne, l’augmentation rapide de la
population et l’urbanisation galopante ont exacerbé la production de
déchets plastiques, créant des défis uniques en matière de gestion
durable des déchets. Ce travail s’inscrit dans une volonté d’approfondir
les connaissances sur les flux et la gestion des déchets plastiques dans
cette région, en mettant l’accent sur des variables clés telles que la
production, le traitement et les impacts environnementaux. 2.
Contextualisation et cadre théorique 2.1 Pollution plastique : une
problématique mondiale, Des études comme celles de Cervantès et
al. ([1]) et Drut ([8]) soulignent l’ampleur du problème, notamment avec
l’idée du “septième continent de plastique”. Les auteurs insistent sur
la nécessité d’une approche juridique et écologique pour encadrer les
conséquences de cette pollution. Cordier ([9]) interroge les capacités
technologiques actuelles à répondre efficacement à cette crise, tandis
que des fiches pédagogiques ([2]) mettent en évidence l’importance de
l’éducation et de la sensibilisation. 2.2 Flux et dynamiques des déchets
plastiques : Les travaux de Gasperi et al. ([3], [4]) mettent en avant
des méthodologies novatrices pour quantifier les flux de macro-déchets
dans les cours d’eau, tels que la Seine. Ces approches offrent un cadre
utile pour analyser les dynamiques dans des contextes similaires en
Afrique subsaharienne, où les rivières jouent un rôle majeur dans le
transport des déchets vers les océans. 2.3 Études de cas régionales :
Les analyses localisées, comme celles de Benoît et al. ([6]) à Douala ou
de Diouf ([7]) à Thiès, apportent un éclairage précieux sur les
pratiques de gestion des déchets dans des contextes urbains spécifiques.
Ces études mettent en évidence les limites des infrastructures
existantes et les impacts sanitaires associés à une mauvaise gestion des
déchets.En Afrique de l’Ouest, Müller et Böni ([14]) explorent les
interactions entre pratiques informelles, privatisation des services de
gestion et tentatives d’amélioration du service public. Ces dynamiques
complexes sont essentielles pour comprendre les obstacles à une gestion
efficace des déchets plastiques. 3. État actuel des connaissances sur
les variables étudiées 3.1 Population et production spécifique de
déchets plastiques : La croissance démographique en Afrique
subsaharienne est étroitement liée à l’augmentation de la production de
déchets plastiques. Bergeron ([5]) et Carole C. ([13]) discutent des
enjeux économiques et sociaux associés à cette tendance, en insistant
sur la nécessité d’une collecte et d’un traitement adaptés. 3.2 Gestion
et traitement des déchets plastiques : La gestion des déchets plastiques
dans la région reste dominée par des systèmes informels. Les travaux de
Tramoy et al. ([3]) et Müller et Böni ([14]) montrent que la majeure
partie des déchets est soit mal gérée, soit rejetée dans
l’environnement. La quantification des flux vers les océans, telle
qu’initiée par Gasperi et al. ([4]), révèle des lacunes importantes dans
les systèmes de collecte et de recyclage. 3.3 Impacts environnementaux :
Les impacts environnementaux incluent : • Rejets dans les océans et les
cours d’eau : Les études ([4], [9]) mettent en évidence la contribution
des cours d’eau africains à la pollution océanique globale. • Effets sur
la faune : Rihane et Hamoumi ([10]) documentent la mortalité des oiseaux
due à l’ingestion de plastique, un phénomène préoccupant observé au
barrage Hassar au Maroc, avec des implications potentielles pour
d’autres régions. 4. Lacunes et opportunités de recherche : Malgré ces
avancées, plusieurs lacunes subsistent :
• Peu de données sur la mortalité animale spécifique liée aux déchets
plastiques en Afrique subsaharienne. • Absence d’analyses exhaustives
des flux plastiques en surface (non marins). • Insuffisance d’études sur
les interactions entre gestion informelle et stratégies durables. Ces
lacunes offrent des opportunités pour développer des recherches plus
ciblées et contextualisées. Cet état de l’art met en évidence la
complexité et l’urgence de la gestion des déchets plastiques en Afrique
subsaharienne. En combinant une analyse approfondie des flux, des
impacts environnementaux et des dynamiques de gestion, ce projet peut
non seulement combler les lacunes identifiées mais aussi contribuer à
des solutions durables et adaptées à ce contexte unique.
La problématique des déchets plastiques et de leurs bonnes gestions existe depuis longtemps dans le monde. Cela a suscité à chaque Pays dans son entité, la mise en place d’action allant dans le sens de la maitrise des productions de ces déchets plastiques mais aussi de leurs gestions. Pour l’Afrique subsaharienne cette question des déchets plastiques n’était pas encore une priorité pour les dirigeants des pays dans cette zone. Mais face à une évolution assez claire de la production de ces déchets, leur présence est bien visible dans notre cadre de vie et notre environnement ; plusieurs entités s’impliquent dans la question. Depuis ces dix dernières années donc, des entités gouvernementales, techniques et scientifiques de ces pays s’autosaisissent de la question des déchets plastiques produits et leurs présences dans l’environnement. Ainsi plusieurs recherches, études, évaluations, articles, et bien d’autres documents ont été faits et se poursuivent toujours sur la question. Notre travail vient aussi contribuer à la mise en évidence de la problématique des déchets solide afin d’inciter les responsables et acteurs du domaine à la prise de décision impactant pour sa résolution.
Globalement, notre travail vise à présenter la situation en 2019 de seize pays de l’Afrique subsaharienne : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, Togo, vis-à-vis de leur production en déchets plastique, de la présence de ces déchets dans l’environnement.
De façon spécifique il sera question de : circonscrire notre zone d’étude : 16 pays de l’Afrique subsaharienne ; faire la collecte des données dans notre zone d’étude sur les variables identifiées ; procéder au traitement et à l’analyse des données ; faire une synthèse et des suggestions pour contribuer à la résolution du problème.
Dans ce genre de travaux, il faut noter que la collecte de données s’avère très primordiale. En effet il est nécessaire de d’identifier ou de mettre en place des outils de collecte très efficaces et fiables. Cela peut se faire de façon numérique c’est-à-dire que les données sont extraites des bases de données reconnues et fiables. La collecte peut aussi se faire comme d’habitude sur le terrain avec des outils de collecte numériques ou physiques. Ainsi dans notre cas d’étude, on a utilisé la collecte numérique pour avoir nos données mais nous avons aussi élaborés des outils de collectes numériques avec kobotoolbox / Kobocollect qui pourront être exploités en cas réel.
Notre travail a été réalisé essentiellement sur la base de plusieurs informations extraites des bases de données en ligne et plateformes du même genre. La principale base de données utilisée est le site ourworldindata.org et qui a fourni majoritairement nos informations. Mais nous avons aussi mené des recherches sur d’autre plateformes de base données comme celle de la Banque Mondiale. Doté d’ordinateur et de connexion internet, la collecte des informations s’est faite à travers des requêtes basées sur les mots clés tirés de notre thème qu’est l’analyse des déchets plastiques sur l’environnement en Afrique Sub-saharienne : cas de seize (16) Pays. Dans nos recherches, nous avons eu à consulter de nombreux documents qui sont très importants. (Confer Bibliographie)
Notre travail dans cette partie a consisté à élaborer des outils dont un questionnaire et un guide d’entretien. Ces outils n’ont pas été déployés sur le terrain compte tenu du contexte de notre projet mais ils serviront sans doute quand on sera en temps réel sur le terrain. Le questionnaire Le formulaire du questionnaire est joint en Annexe 1 mais aussi sur le lien suivant : https://ee.kobotoolbox.org/x/aX45sIBf Le guide d’entretien Le formulaire de l’entretien est joint en Annexe 2 mais aussi sur le lien suivant : https://ee.kobotoolbox.org/x/FXrbhx3H
Ce travail a été fait sur 16 pays de l’Afrique sub-saharienne
judicieusement choisis en tenant compte de leur position et de leurs
caractéristiques socio-économiques. Les données ont été extraites sur
les différentes bases de données pour nos entités (individus) qui
représentent les seize (16) pays sub-sahariens : Bénin, Burkina Faso,
Côte d’Ivoire, Cameroun, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria,
Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Les
variables retenues dans le cadre de notre problématique sont au nombre
de 10, dont neuf (9) variables quantitatives actives et une (1) variable
qualitative supplémentaire. Elles ont été étudiées pour l’année 2019.
Dans le choix de ces variables, nous nous sommes basés sur le fait que
quand on parle de déchets plastiques, cela provient forcement d’une
population ou d’un échantillon d’une population ciblée. Cela justifie
donc le choix « population » comme
première variable. Ensuite viennent les variables retenues pour la
quantification des déchets : « production spécifique de déchets
plastiques » ; « quantité de déchets plastiques générés ». Puis il a été
question de quantifier les déchets gérés en fonction de la méthode : «
quantité de déchets recyclés » ; « quantité de déchets mis en décharge »
; « quantité de déchets incinérés » ; « quantité de déchets non gérés ».
Enfin, nous avons analysé la destination de ces déchets surtout ceux non
gérés : « quantité de déchets rejetés dans les océans, les lacs et
rivières » ; « quantité de déchets stockés dans notre milieu de vie » ;
« le taux de mortalité d’animaux ayant ingéré des déchets plastiques ».
Il faut noter que sur la base de données les informations disponibles ne
sont pas désagrégées en ville selon les pays. Cela nous a donc amené à
considérer ces valeurs comme celles qui caractérisent l’ensemble des
villes d’un pays donné. Mais en réalité sur le terrain, nous devons
faire un échantillon de villes caractérisant au mieux le pays tout
entier. A ce niveau, nous utilisons le logiciel R-studio pour le
traitement des données par la méthode de l’Analyse des Composantes
Principales (ACP).
Il s’agit ici de représenter l’ensemble de nos individus sur un plan et ensuite de constituer la couche de tout le projet.
La collecte des données sur nos individus et variables retenues pour l’étude nous a permis d’avoir un tableau synthétique présenté ci-dessous.
setwd("C:/Users/ROSI/Desktop/MASTER 1 S7 2IE 2024/R_studio_GEAAH/")
rendu = read.csv(file="varaible2_rti.csv", header = TRUE, sep = ";", quote = "\"",
dec = ",", row.names = 1)
rendu[1:10]
## POP19 PSPEC GEN RECY DECH INCI MALG
## CIV 28193014 0.10 1059916.36 63594.98 317974.91 10599.16 678346.47
## TOG 8463068 0.06 176074.13 10564.45 52822.24 1760.74 112687.44
## GUI 13034349 0.03 142726.12 8563.57 42817.84 1427.26 91344.72
## BEN 12726761 0.04 199746.51 11984.79 59923.95 1997.47 127837.77
## BUF 20961954 0.04 328997.87 19739.87 98699.36 3289.98 210558.64
## MAL 21068406 0.04 330668.63 19840.12 99200.59 3306.69 211627.92
## NIG 22947765 0.04 360165.17 21609.91 108049.55 3601.65 230505.71
## CAM 25506096 0.05 428247.35 25694.84 128474.21 4282.47 274078.31
## NAG 209485636 0.10 7875612.49 472536.75 2362683.75 78756.12 5040391.99
## GHA 31258942 0.04 456380.55 27382.83 136914.17 4563.81 292083.55
## MRT 4467714 0.05 78382.20 20796.00 4467.79 22730.84 705.44
## SNG 16352926 0.10 624788.25 65660.00 36237.72 184312.53 6122.92
## GAM 2456847 0.05 45543.96 35095.00 2687.09 13663.19 478.21
## GNB 1967704 0.05 41283.45 20465.00 2373.80 11848.35 449.99
## SIL 7731995 0.04 125709.31 91239.00 7353.99 35827.15 12319.51
## LIB 5043720 0.08 162140.46 39930.00 9679.79 45399.33 1443.05
## EMOC EMSU MOAN
## CIV 4784.00 639645.15 0.40
## TOG 436.00 106617.07 0.48
## GUI 2347.00 84430.48 0.63
## BEN 1639.00 119806.88 0.55
## BUF 2096.20 197934.51 0.72
## MAL 2106.84 198939.69 0.74
## NIG 2294.78 216685.65 0.79
## CAM 10671.00 249703.39 0.45
## NAG 18640.00 4769732.39 0.52
## GHA 4185.00 273294.38 0.39
## MRT 127.00 29555.14 0.59
## SNG 169.00 332286.07 0.36
## GAM 421.00 4507.47 0.33
## GNB 247.00 5899.31 0.30
## SIL 3624.00 1519.99 0.27
## LIB 2638.00 63050.29 0.24
Ce tableau données ainsi obtenu nous a permis de l’envoyer sur le logiciel R-studio, dans l’objectif de procéder à l’analyse par composantes principales.
Cette analyse de données contient seize (16) individus et dix (10) variables, dont deux (2) variables quantitatives sont illustratives. Ce qui nous a permis d’avoir : L’analyse des graphes détecte des individus singuliers qui influencent très fortement les résultats observés. On soulignera dans un premier temps le caractère extrême de ces individus avant de les retirer pour procéder à la suite de l’analyse. En observant le graph, on peut noter que 2 individus sont très particuliers et contribuent énormément à la construction du plan. Le cumul de leur contribution à la construction du plan atteint 69.7%.
L’analyse des graphes détecte des individus singuliers qui influencent très fortement les résultats observés. On soulignera dans un premier temps le caractère extrême de ces individus avant de les retirer pour procéder à la suite de l’analyse. En observant le graph, on peut noter que 2 individus sont très particuliers et contribuent énormément à la construction du plan. Le cumul de leur contribution à la construction du plan atteint 69.7%.
L’individu 9: • prend de très fortes valeurs pour le(s) variable(s) : GEN, DECH, MALG, POP19 et RECY (de la plus extrême à la moins extrême). • prend de très faibles valeurs pour les variables : L’individu 1 : • prend de très fortes valeurs pour le(s) variable(s) : • prend de très faibles valeurs pour les variables : Après avoir éliminé ces individus singuliers, on peut explorer le reste des individus par une seconde analyse.
L’inertie des axes factoriels indique d’une part si les variables sont structurées et suggère d’autre part le nombre judicieux de composantes principales à étudier. Les 2 premiers axes de l’analyse expriment 83.79% de l’inertie totale du jeu de données ; cela signifie que 83.79% de la variabilité totale du nuage des individus (ou des variables) est représentée dans ce plan. C’est un pourcentage élevé, et le premier plan représente donc bien la variabilité contenue dans une très large part du jeu de données actif. Cette valeur est nettement supérieure à la valeur référence de 58.13%, la variabilité expliquée par ce plan est donc hautement significative (cette inertie de référence est le quantile 0.95-quantile de la distribution des pourcentages d’inertie obtenue en simulant 7482 jeux de données aléatoires de dimensions comparables sur la base d’une distribution normale). Du fait de ces observations, il n’est probablement pas nécessaire pour l’analyse d’interpréter les dimensions suivantes.
Une estimation du nombre pertinent d’axes à interpréter suggère de restreindre l’analyse à la description des 2 premiers axes. Ces composantes révèlent un taux d’inertie supérieur à celle du quantile 0.95-quantile de distributions aléatoires (83.79% contre 58.13%). Cette observation suggère que seuls ces axes sont porteurs d’une véritable information. En conséquence, la description de l’analyse sera restreinte à ces seuls axes.
Les variables en noir sont les variables actives, celles en bleu sont les variables quantitatives supplémentaires (illustratives). Les variables libellées sont celles les mieux représentées sur le plan.
• La dimension 1 oppose des individus tels que BUF, MAL, NIG, CAM et GHA (à droite du graph, caractérisés par une coordonnée fortement positive sur l’axe) à des individus comme GAM, GNB, LIB et SIL (à gauche du graph, caractérisés par une coordonnée fortement négative sur l’axe). Le groupe auquel les individus BUF, MAL, NIG, CAM et GHA appartiennent (caractérisés par une coordonnée positive sur l’axe) partage : • de fortes valeurs pour les variables DECH, MALG, POP19, EMSU, GEN et MOAN (de la plus extrême à la moins extrême). Le groupe auquel les individus GAM, GNB, LIB et SIL appartiennent (caractérisés par une coordonnée négative sur l’axe) partage : • de faibles valeurs pour les variables DECH, EMSU, POP19, MALG, GEN et MOAN (de la plus extrême à la moins extrême). Notons que la variable MALG est extrêmement corrélée à cette dimension (corrélation de 0.94). Cette variable pourrait donc résumer à elle seule la dimension 1. • La dimension 2 distingue particulièrement des individus tels que SNG (en haut du graph, caractérisés par une coordonnée fortement positive sur l’axe). Ces individus forment un groupe partageant : - de fortes valeurs pour les variables INCI, PSPEC et GEN (de la plus extrême à la moins extrême).
L’analyse des données avec les fonctions PCAshiny et HCPCshiny nous a permis d’obtenir une classification de nos individus. Cette classification donne principalement quatre (4) groupes de pays qui se ressemble sur certaines variables que nous avons analysées. On a donc :
The hierarchical tree can be drawn on the factorial map with the individuals colored according to their clusters. Des différentes classifications des individus obtenue, nous avons cinq (5) classes distinctes dont : La classe 1 est composé d’individus partageant de faibles valeurs pour la variable PSPEC. La classe 2 est composée d’individus tels que BUF, MAL et NIG. Ce groupe est caractérisé par de fortes valeurs pour la variable MOAN. La classe 3 est composée d’individus tels que LIB. Ce groupe est caractérisé par de fortes valeurs pour la variable PSPEC. La classe 4 est composée d’individus tels que SNG. Ce groupe est caractérisé par de fortes valeurs pour la variable INCI. La classe 5 est composée d’individus tels que NAG. Ce groupe est caractérisé par de fortes valeurs pour les variables GEN, DECH, EMSU, MALG, POP19, RECY et EMOC (de la plus extrême à la moins extrême). Des classes obtenues par l’ACP sur les deux dimensions factorielles et des variables qui caractérise chacune d’elle, nous estimons que l’on peut regrouper la classe 4 et la classe 5 du fait que les deux sont caractérisées par leurs valeurs fortes presque pour la majorité des variables. En conclusion, nous retiendrons quatre classes dont :
Ce projet nous a permis d’identifier des tendances significatives à
travers l’utilisation de l’Analyse en Composantes Principales (ACP),
révélant des relations complexes entre les variables environnementales
et socio-économiques, ainsi que des disparités importantes entre les
pays étudiés. Nos résultats mettent ainsi en évidence des liens forts
entre certaines variables mais aussi des disparités avec d’autres. Cela
suggère que ces facteurs jouent un rôle déterminant dans les différences
observées entre les pays. Aussi, les résultats font apparaitre des
profils distincts pour certains pays, notamment le Nigeria et le
Sénégal, qui se démarquent par des valeurs élevées sur respectivement
Dim 1 et Dim 2, et trois autres groupes plus homogènes. Ces résultats
offrent une base précieuse pour orienter les décisions stratégiques : -
recommandations ciblées : Chaque pays ou groupe de pays peut bénéficier
de politiques spécifiques adaptées à ses besoins, que ce soit en
- matière de réduction des émissions ou de gestion de la mortalité
animale. - politiques régionales : Pour les pays partageant des
caractéristiques communes, des approches collectives et coordonnées
pourraient être envisagées. - priorité à la durabilité : Les efforts
doivent viser un équilibre entre le développement économique et la
préservation de l’environnement, en prenant en compte les spécificités
locales. En conclusion, nous pouvons affirmer que cette analyse est
primordiale pour l’approfondissement de la compréhension des dynamiques
environnementales et socio-économiques dans la région. Les résultats de
canaliser les différentes interventions stratégiques basées sur des
données fiables, renforçant ainsi la capacité des décideurs à répondre
efficacement aux défis actuels et futurs.
[1] Cervantès J-C, Chirossel A, Ouedraogo TWP. “‘Introduction’” - Dossier: Le septième continent de plastique. Quelle appréhension juridique pour quelle réalité écologique?, Actes du colloque de Clermont-Ferrand du 28 janvier 2021, textes réunis par J-C. Cervantès, A. Chirossel et T. Ouedraogo n.d. [2] fichepedago-pollutionplastique.pdf n.d. [3] Tramoy R, Gasperi J, Dris R, Colasse L, Fisson C, Bacq N, et al. Premières tentatives de quantification des flux de macro déchets plastiques en Seine. ASTEE 2018, Marseille, France: 2018. [4] Gasperi J, Tramoy R, Dris R, Blot D, Tassin B. En amont des océans, déchets plastiques dans les cours d’eaux : flux, stocks, dynamique, quelques réponses et de nombreuses questions. Journ. Sci. Univ. Nantes, NANTES, France: 2021, p. 1 p. [5] Bergeron CT. MÉMOIRE PRÉSENTÉ COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAÎTRISE ÈS SCIENCES DE LA GESTION n.d. [6] Benoît M, Viviane A, Esther Laurentine N. Gestion des déchets ménagers dans le quartier Mambanda (Douala-Cameroun) : Quelles stratégies durables? Eur Sci J ESJ 2021;17:138. https://doi.org/10.19044/esj.2021.v17n39p138. [7] Diouf B. Insalubrité dans la commune de Thiès au Sénégal : risques environnementaux et sanitaires 2018. [8] Drut B. 8. Le plastique envahit la Terre. Hors Collect ÉconomieGestion 2021:45–9. [9] Cordier M. LA TECHNOLOGIE SAUVERA-T-ELLE L’OCÉAN DES PLASTIQUES ?, 2020, p. pages 85, 260, 313. [10] Rihane A, Hamoumi RE. Mortalité des oiseaux au barrage Hassar (Mohammedia, Maroc) ; un problème intrigant pour les Foulques macroules Fulica atra 2017. [11] MC_AES_09_Couts_dechets_marins.pdf n.d. [12] Peyen_26288.pdf n.d. [13] Carole C. étude de la gestion des déchets plastiques | Policy Commons n.d. [14] Müller PE, Böni H. Les déchets solides municipaux en Afrique de l’Ouest : entre pratiques informelles, privatisation et amélioration du service public n.d. [15] Hamza MD, Safia AM, Youghourta MY. Présenté par : sous la direction de : n.d.
La pollution plastique est aujourd’hui un problème environnemental majeur, souvent perçu comme le marqueur de l’anthropocène. Lorsque nos enfants et petits-enfants observeront notre époque à travers les ères géologiques, ils la reconnaîtront probablement comme étant l’ère du plastique [1]. Il a différents usages et plusieurs utilités, car ce matériau est léger, souple et peu coûteux. On retrouve des objets en plastique partout, autant à la maison qu’à l’école ou encore dans les commerces. Cependant ce matériau solide et résistant est également présent dans nos cours d’eau ce qui menace l’écosystème et cause de la pollution [2]. Chaque jour, des images saisissantes de la pollution marine causée par le plastique circulent à travers le monde, soulignant l’ampleur du fléau. Bien que la majorité des fragments soient des microplastiques (< 5 mm), l’essentiel de la masse des déchets retrouvés dans les océans provient des microplastiques (> 5 mm). Les études estiment que les stocks de plastiques flottants en surface s’élèvent à environ 300 000 tonnes, tandis que des modèles prédisent des apports annuels de 1 à 10 millions de tonnes. Les fonds marins pourraient représenter la destination finale de ces plastiques. Bien que les déchets plastiques ne constituent que 10 % des déchets générés par les activités humaines, leur durée de vie, qui s’étend sur des siècles voire des millénaires, en fait les plus présents dans des régions très éloignées de leur source, notamment les grandes zones urbaines. Ce n’est que récemment que la communauté scientifique a pris conscience que : 1) les fleuves et rivières jouent un rôle essentiel dans le transport des plastiques des continents vers les océans – environ 80 % des déchets proviendraient des continents ; 2) les macro plastiques constituent une source de microplastiques secondaires dont l’impact écologique réel reste encore peu connu [3]. Les rivières, en tant que principales voies de transfert des plastiques vers les océans, posent encore de nombreux mystères quant à la façon dont ces déchets, y compris les macro plastiques, sont acheminés. Les estimations des émissions de macro plastiques indiquent que seulement 0,001 à 3 % des déchets plastiques mal gérés (MRW) atteignent effectivement la mer. En revanche, une grande partie peut rester piégée dans les bassins versants ou sur les côtes, en raison de la dynamique complexe du transport, retardant ainsi leur cheminement vers l’océan [4]. Conséquences sur la pollution des plastiques Bien que le plastique présente de nombreux avantages par rapport à d’autres matériaux, ses effets négatifs sur l’environnement et la santé humaine sont indéniables. Tout d’abord, la production de plastique génère annuellement une quantité considérable d’émissions de gaz à effet de serre (GES). On estime que 90 % de la production mondiale de plastique provient de sources fossiles vierges (Fondation Ellen MacArthur, 2016 ; Harrison et Hester, 2019). Actuellement, la production de plastique représente environ 4 % de la consommation mondiale de pétrole, tandis que son processus de fabrication en consomme également 4 % (Dauvergne, 2018). Ensuite, à la fin de son cycle de vie, le plastique n’est souvent ni collecté ni traité correctement, entraînant sa dispersion dans l’environnement. De nombreuses études récentes ont démontré l’accumulation de plastique dans les milieux terrestres, les océans, sur les littoraux et dans les fonds marins (Japobeck, 2017).
La présence de plastique dans les écosystèmes a des répercussions majeures sur l’environnement, la faune marine et même la santé humaine. Si aucune mesure n’est prise, la Fondation Ellen MacArthur (2017) prévoit que, d’ici 2050, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons en termes de poids [5]. Prenons l’exemple de Mambanda, au Cameroun, où la saison des pluies transforme le quartier en un véritable océan par endroits. Aucune rue n’est épargnée par les inondations, dues principalement à l’obstruction des canalisations par les déchets. Les fameux sacs plastiques en sont souvent la cause, tout comme les égouts obstrués par les ordures. Les caniveaux à ciel ouvert, longeant les rues, sont visiblement encombrés par les déchets, ce qui entraîne l’inondation et l’isolement du quartier pendant la saison des pluies. Ces infrastructures, censées évacuer l’eau pluviale, servent malheureusement de dépotoirs. Pourtant, il est bien connu que l’eau doit trouver son chemin pour s’écouler. Lorsqu’elle est bloquée, elle finit par se frayer un passage, envahissant des zones non prévues et causant des inondations. La mauvaise gestion des déchets entraîne également des tensions entre voisins. On observe des problèmes liés au dépôt d’ordures devant ou derrière les habitations, des conflits causés par l’écoulement des eaux usées vers la maison voisine, des glissades dangereuses dues à l’eau déversée sur la voie, et des disputes concernant l’orientation des toits qui dirigent l’eau de pluie vers la cour d’un voisin, provoquant des inondations. Ces désaccords engendrent souvent des querelles, des injures et des altercations qui doivent parfois être arbitrées par le chef de quartier ou portées devant l’administration compétente [6].
La gestion inefficace des déchets dans les zones urbaines menace gravement l’environnement. L’accumulation et la décomposition des ordures provoquent des odeurs nauséabondes, polluent les sols, les eaux et l’air, et dégradent le paysage urbain. Les eaux stagnantes dans les caniveaux, qu’elles soient usées ou de pluie, dégagent également des odeurs pestilentielles. L’incinération des déchets dans des dépotoirs non réglementés entraîne la pollution de l’air par les gaz émis lors de la combustion, contribuant ainsi à la dégradation de l’environnement. À Mambanda, l’accumulation anarchique des ordures ménagères dans l’espace urbain pose de sérieux problèmes d’hygiène. Les mouches, moustiques, cafards, rongeurs et autres insectes nuisibles y prolifèrent. Les dépotoirs insalubres favorisent la multiplication de vecteurs de maladies infectieuses, exposant ainsi les habitants à divers risques sanitaires. La plupart des ménages de Mambanda rapportent la présence d’animaux porteurs de maladies dans leurs domiciles. Environ 50 % des ménages affirment être constamment envahis par des moustiques, 33,23 % cohabitent avec des souris, 10,7 % avec des cafards et 5,91 % avec des mouches. Ces insectes et animaux propagent des maladies telles que la dysenterie, la diarrhée, le choléra, la fièvre typhoïde et le paludisme [6]. On constate aussi qu’à Thiès au Sénégal, L’état de santé d’une population reflète ses conditions de vie et la qualité de l’environnement (Diouf, 2017). Dans les villes africaines, notamment à Pikine au Sénégal, des conditions hygiéniques précaires exposent la population à divers risques sanitaires (Salem, 1998). À l’échelle domestique, la promiscuité favorise des maladies comme la tuberculose et les affections respiratoires. Au niveau péri-domestique, les problèmes d’hygiène entraînent des parasitoses et dermatoses, tandis que dans les quartiers, la stagnation des eaux favorise le paludisme et limite l’accès aux soins. Les pathologies dominantes dans ces environnements insalubres incluent : • Maladies diarrhéiques : Deuxième cause de mortalité chez les moins de 5 ans selon l’OMS (2011), elles entraînent 760 000 décès annuels. Au Sénégal, elles touchent 21 % des enfants de moins de 5 ans et représentent 39,7 % des pathologies signalées, particulièrement dans les quartiers défavorisés. • Paludisme : Il concerne 27,9 % des cas et est exacerbé par la stagnation des eaux de pluie. • Maladies respiratoires : Elles représentent 22,2 % des affections signalées et sont la première cause de mortalité chez les enfants en Afrique. Ces maladies touchent particulièrement les groupes vulnérables (enfants, femmes, personnes âgées), soulignant l’impact des mauvaises conditions environnementales sur la santé publique [7]. Conclusion partielle : Cette analyse souligne les graves conséquences de la mauvaise gestion de l’assainissement dans les villes, notamment à Thiès. L’insalubrité engendre des maladies fréquentes telles que les infections respiratoires aiguës, le paludisme, les dermatoses et les diarrhées. Elle détériore également le cadre de vie à travers la pollution, l’obstruction des canaux d’évacuation et l’accumulation des déchets plastiques, affectant même l’élevage domestique. Face à ces défis, il est urgent de mettre en place des mesures pour réduire les risques sanitaires et environnementaux. Un réaménagement des décharges, équipé de commodités modernes, est essentiel pour prévenir les nuisances et anticiper la saturation des sites, comme l’exemple de Meuleuses. Une forte volonté politique est indispensable pour garantir un cadre de vie sain et durable aux populations urbaines [7]. L’un des grands défis des décennies à venir sera de réduire cette dépendance au plastique et de mieux gérer son cycle de vie [8]
Le quartier de Mambanda fait face à de graves problèmes de gestion des déchets, malgré les stratégies mises en place par l’État, les sociétés privées, les ONG, les associations et les initiatives locales. Cependant, ces efforts restent insuffisants. Pour y remédier, les habitants de Mambanda proposent des stratégies qu’ils estiment efficaces pour améliorer la gestion des déchets : Créer, entretenir et renouveler le réseau d’évacuation des eaux usées (caniveaux, rigoles) pour mieux gérer les déchets liquides. Mettre en place un système de pré-collecte des ordures ménagères, mobilisant une main-d’œuvre importante dans les zones peu structurées et difficiles d’accès. Cette mesure est essentielle car les camions de collecte ne peuvent atteindre certaines zones enclavées, et les ménages sont souvent trop éloignés des points de transit. La création de nouveaux points de transit dans chaque secteur du quartier est donc nécessaire. Améliorer la gestion des déchets en se concentrant sur les zones sensibles. Les autorités locales doivent prendre en charge l’ensemble du processus, avec les équipements, les compétences et le personnel nécessaires. Cela inclut la valorisation et le tri des déchets à la source, le renforcement des réglementations avec des sanctions applicables, ainsi que l’inspection des résidences. Impliquer activement la population dans la gestion des déchets. Une participation accrue et une coopération communautaire peuvent avoir un impact positif. Des campagnes d’éducation sur l’hygiène et la gestion des déchets solides, financées par le budget renforcé des institutions de collecte et d’élimination, pourraient être élaborées et mises en œuvre par l’État et les administrations locales. Ces campagnes viseraient à informer la population sur les modes de collecte, leurs responsabilités et les avantages du respect des règles d’hygiène, tout en soulignant les dangers liés à une mauvaise gestion des déchets, tels que la dégradation de l’environnement, la prolifération des insectes, la pollution de l’air et la propagation des maladies. Encourager l’adoption de divers projets de gestion environnementale par la communauté, en impliquant des leaders et des représentants communautaires dans les conseils des organismes de gestion des déchets. Enfin, pour optimiser la gestion des déchets, il est crucial de maintenir et de renouveler les réseaux d’évacuation des eaux usées et de renforcer le dispositif de pré-collecte dans les zones difficiles d’accès [6]. La valorisation de ces déchets un atout majeur mais en plus de valoriser les déchets, il est essentiel de planifier l’aménagement de sites de décharge alternatifs à proximité, en collaboration avec les communes voisines, pour éviter le transport des déchets à travers toute la ville. Ces sites doivent respecter des normes environnementales strictes. Les flancs et le fond des décharges doivent être revêtus d’une géomembrane étanche garantissant une séparation hydraulique des casiers. Ces derniers doivent également inclure un système de drainage pour les lixiviats, lesquels seront stockés dans des bassins et traités sur place ou dans une station d’épuration externe adaptée. Un canal périphérique sera installé pour capter les eaux de ruissellement extérieures. Ces dispositions visent à réduire durablement les risques de pollution pour le site et ses alentours [7]. Notons aussi que la croissance économique verte, souvent promue comme une solution à la pollution plastique grâce aux avancées technologiques, semble entrer en conflit avec les limites planétaires. En développant deux modèles socio-économiques mondiaux pour prévoir les déchets plastiques mal gérés d’ici 2050 dans 217 pays et territoires, nous mettons en évidence les conséquences écologiques négatives liées à l’absence de réglementations strictes et de programmes d’éducation environnementale. Nos estimations, basées sur des données nationales de la Banque mondiale, indiquent que le stock cumulé de déchets plastiques mal gérés passera de 61-72 millions de tonnes (MT) en 1990 à 5109-5678 MT d’ici 2050. Quatre scénarios ont été analysés : business as usual (statu quo), plafonnement du PIB (atténuation 1), augmentation de l’éducation (atténuation 2) et lutte contre la corruption (atténuation 3). Dans le scénario de plafonnement du PIB, les déchets plastiques mal gérés augmentent légèrement pour atteindre 64-119 MT/an en 2050, contre 61-110 MT/an dans le scénario du statu quo. En augmentant l’éducation, les déchets diminuent de 34 % par rapport au statu quo en 2050, et dans le scénario de lutte contre la corruption, cette réduction atteint 60 %. Des prévisions détaillées sont également fournies pour chaque pays [9].
Une hypothèse, impliquant une intoxication des oiseaux par des substances toxiques déversées dans le lac, a été écartée en raison de la présence d’une faune indicatrice comme Daphnia ser., connue pour sa sensibilité à une large gamme de toxines (Adema, 1978 ; Sleoff et al., 1983 ; Kimerle, 1985 ; Persogne & Janssen, 1993, cité dans Manar, 2008). Pendant l’étude, Daphnia rulex était abondante (plus de 200/L), même lors des blooms algaux. L’intoxication par des cyanobactéries Selon Briand et al. (2003), les microcystines, des hépatotoxines très répandues, sont responsables de nombreux empoisonnements humains et animaux, en attaquant les cellules hépatiques. Les anatoxines, des neurotoxines, ciblent le système neuromusculaire et sont produites par des cyanobactéries comme Microcystis et Anabaena, présentes dans la région (Sabour et al., 2000, 2002). Un cas similaire a été étudié par Mancini et al. (2010) dans le réservoir du barrage Piedras Moras en Argentine, où des blooms de Anabaena spireides et Microcystis aeruginosa ont causé la mort de 60 oiseaux d’eau (notamment des foulques) et d’animaux domestiques. Les autopsies ont révélé des altérations sévères des organes (cerveau, foie, reins) et des signes de toxicité cellulaire intense. Les symptômes observés chez les oiseaux du lac Hassar – vomissements, troubles respiratoires, irritations, diarrhées, fièvre, tremblements, paralysies – ressemblent à ceux décrits par Codd et al. (2005) et Bláha et al. (2009) chez l’homme. Ce bloom printanier de Microcystis, inédit au barrage Hassar, est probablement à l’origine des mortalités observées chez les oiseaux et les tortues. L’absence de mortalité significative chez les poissons, qui semblent bien s’adapter, demeure intrigante et nécessite une étude histologique approfondie. Etant donné que le barrage est utilisé comme abreuvoir par les riverains, cette pratique pourrait être fatale aux animaux domestiques. Nous recommandons aux autorités locales d’interdire l’usage des eaux du barrage pendant les blooms de cyanobactéries, jusqu’à leur disparition complète ou jusqu’à ce que les concentrations de toxines soient jugées acceptables. Les 265 cadavres et animaux mourants ont été découverts sur les berges et dans l’eau du barrage, mais leur répartition varie selon les zones : • Rive gauche : • Forte concentration entre la latitude 33°34’22”N et l’ancienne digue. • Entre les latitudes 33°34’00”N et 33°33’50”N. • Près des ruines d’une ancienne ferme. • Îlots sud : • Présence notable sur les îlots exposés lorsque le niveau de l’eau baisse. • Rive droite : • Grande concentration entre les latitudes 33°33’30”N et 33°33’45”N. • Entre les latitudes 33°34’00”N et 33°34’12”N.
1.Végétation refuge sur la rive gauche : • Les zones couvertes d’arbustes, notamment Acacia horrida et Tamarix gallica, attirent les animaux mourants. Une longue étendue dense de tamaris est particulièrement fréquentée. • En revanche, les secteurs dépourvus de végétation, ne contiennent presque pas de cadavres. 2. Ruines de la ferme submergée : • Ces ruines offrent des abris aux oiseaux, notamment pour les mourants. 3. Îlots exposés par la baisse du niveau de l’eau : • Ces îlots, inaccessibles aux humains et aux chiens errants, deviennent des refuges pour les oiseaux malades. 4. Lieux de rassemblement sur la rive droite : • Les zones où des oiseaux, comme les foulques et les canards, se regroupent pour se reposer ou chercher de la nourriture dans les champs proches abritent également de nombreux animaux morts ou malades [10].
Pêche professionnelle Les déchets flottants et déposés au fond des océans entraînent des coûts supplémentaires pour les marins-pêcheurs, ainsi que des pertes économiques, en raison de plusieurs facteurs : 1. Dégradation des engins de pêche : • Les déchets remontés avec les captures peuvent endommager les équipements, nécessitant des réparations coûteuses et une manutention supplémentaire pour trier les déchets, tout en réduisant le temps consacré à la pêche. 2. Immobilisation des navires : • Les plastiques et cordages peuvent s’enrouler autour des hélices, provoquant des pannes qui nécessitent des réparations et immobilisent les navires, entraînant une perte de temps et d’argent. 3. Réduction des captures : • La présence de déchets peut augmenter la mortalité des espèces marines ou les pousser à se déplacer, diminuant ainsi les prises et les revenus des pêcheurs.
Par exemple, en Écosse, ces impacts économiques sont estimés entre 17 219 et 19 165 euros par an et par navire. Pour l’ensemble de la flotte écossaise, cela représente un coût annuel compris entre 11,7 millions et 13 millions d’euros. Toutefois, ces estimations, fournies par l’organisation Kimo, doivent être interprétées avec prudence en raison d’un manque d’informations détaillées sur la méthodologie employée [11]. Aquaculture Les déchets flottants génèrent des coûts supplémentaires pour les aquaculteurs, ainsi que des pertes économiques, en raison de plusieurs facteurs : 1. Dommages aux bateaux : • Les débris plastiques et cordages pris dans les hélices peuvent immobiliser les navires, entraînant des réparations coûteuses et des pertes de temps. 2. Nettoyage des sites de production : • Le retrait des déchets nécessite du temps et des ressources supplémentaires.
Bien que les données pour la France soient inexistantes, une étude menée en Écosse entre 2007 et 2008 estime ces coûts à environ 580 euros par an et par aquaculteur, avec plus de 90 % liés à l’immobilisation des bateaux. Par ailleurs, le Comité National de la Conchyliculture indique que les activités conchylicoles sont principalement affectées par les macrodéchets générés par leur propre activité [11].
Centrale nucléaire Les macrodéchets et débris végétaux peuvent obstruer les systèmes de prise et de rejet d’eau, engendrant des conséquences économiques pour lesquelles aucune donnée spécifique n’est disponible. Ce problème d’obstruction peut concerner toutes les activités nécessitant l’utilisation d’eau de mer. Cependant, des aquariums comme Nausicaá et Océanopolis rapportent ne pas être affectés par les déchets marins dans leurs opérations [11].
Gêne pour les usagers de la mer et du littoral (pollution olfactive et visuelle) La présence de déchets sur le littoral engendre une gêne visuelle et olfactive pour les usagers, rendant le nettoyage des plages indispensable. Selon une enquête menée en 2011 par l’institut LH2 pour l’Agence des aires marines protégées, 97 % des Français interrogés se disent gênés par la présence de déchets d’origine humaine sur les plages, 95 % par des traces de mazout, 73 % par des animaux morts, et 40 % par des algues échouées. Les déchets marins sont ainsi perçus comme la principale source de nuisance. Par ailleurs, 85 % des répondants ont déjà été confrontés à des plages sales, et 17 % ont annulé ou modifié un séjour ou une activité de loisir en raison de ce problème. Les Français montrent également une prise de conscience environnementale face aux déchets marins : 97 % considèrent qu’ils figurent parmi les problèmes les plus préoccupants, aux côtés des marées noires et rejets illicites. Cependant, 86 % estiment que les actions mises en place pour lutter contre ce fléau sont insuffisantes [11]. Tourisme littoral La présence de déchets sur les plages peut ternir l’image des communes, affectant négativement l’économie touristique locale. Pour préserver leur attractivité, les communes littorales investissent des sommes importantes dans le nettoyage des plages. À défaut, elles risquent de subir des pertes significatives en termes de fréquentation touristique[11]. Coûts sanitaires Les déchets tels que le verre, le métal ou les seringues représentent un danger direct pour les usagers du littoral, en augmentant le risque de blessures. Par ailleurs, les particules plastiques contenant des substances toxiques (comme les phtalates ou le biphényle) peuvent être ingérées à travers la chaîne alimentaire, affectant indirectement la santé humaine [11]. Impact sur la biodiversité Les macrodéchets flottants posent un grave risque pour les mammifères marins, tortues, crustacés, invertébrés et oiseaux marins. L’enchevêtrement dans des déchets tels que les anneaux en plastique peuvent entraîner leur immobilisation ou leur strangulation. De plus, les filets dérivants abandonnés continuent à capturer des animaux marins (phénomène de “pêche fantôme”), causant des décès par infection, famine ou prédation. Certaines espèces, comme les tortues, baleines et phoques, ingèrent ces déchets, ce qui peut provoquer des étouffements ou des occlusions intestinales. Aussi les déchets présents sur les petits fonds peuvent détériorer les fonds marins du fait de l’effet de houle et/ou des courants marins qui entraînent le mouvement incessant des déchets. D’autre part, les déchets plastiques et métalliques déposés sur les fonds, en densité importante, empêchent les échanges entre l’eau et les sédiments, conduisant ainsi à une hypoxie de l’eau. Cette hypoxie conduit à une disparition locale de toute vie animale ou végétale [11]. Nous notons aussi que l’’utilisation du plastique s’est généralisée dans notre quotidien, mais cette omniprésence s’accompagne d’une pollution plastique alarmante qui menace la biodiversité et pose des risques pour la santé publique[8]. Rôle du plastique dans l’économie mondiale Le plastique joue un rôle central dans l’économie mondiale, avec une utilisation en forte croissance depuis trente ans. Entre 1990 et 2015, sa production a augmenté de 218 %, surpassant largement la croissance du PIB mondial, qui n’a progressé que de 142 % sur la même période. En 2018, la production mondiale de plastique atteignait 359 millions de tonnes. Ce matériau est largement utilisé dans divers secteurs : les emballages représentent 40 % de la demande en Europe, tandis que la construction en absorbe 20 %, et l’industrie automobile 10 %. Par ailleurs, chaque secteur utilise des types de plastique différents selon ses besoins spécifiques. Le succès du plastique s’explique par ses nombreux avantages : il est économique, léger, malléable et durable. Dans certains cas, son empreinte carbone est même inférieure à celle des matériaux alternatifs. Cependant, cette montée en flèche de l’utilisation du plastique a entraîné une pollution sans précédent, aggravée par le fait que près de la moitié des objets en plastique produits sont à usage unique. Une étude de 2017 a estimé qu’entre le début de l’ère industrielle et 2015, 8 300 millions de tonnes de plastique vierge avaient été produites, générant 6 300 millions de tonnes de déchets. Parmi ces déchets, seuls 9 % ont été recyclés, 12 % incinérés, tandis que 79 % se sont accumulés dans les décharges ou ont été rejetés dans l’environnement [8]. Le plastique doit être saisi dans tous ses états, à toutes ses étapes, qu’il s’agisse de sa conception et de sa production, de sa distribution et de son utilisation ou, enfin, de son traitement. La production d’un matériau plus « écologique », dont la biodégradabilité serait avérée, par exemple, serait un premier pas satisfaisant. Des mécanismes d’incitation et de valorisation doivent être déployés à cette fin [12] :
L’objectif de cette étude prospective est de réaliser une analyse sur les possibilités de collecte et de valorisation de déchets plastiques [13]. Cette section explore la technique essentielle de valorisation des déchets plastiques : le recyclage, en détaillant ses principales étapes. Origine et classification des plastiques : Les déchets plastiques se répartissent en plusieurs catégories en fonction de leur provenance et de leur secteur d’application : • Déchets industriels, issus des processus de fabrication. • Déchets de distribution, principalement liés au transport et aux emballages. • Déchets des consommateurs finaux, produits par les ménages ou les utilisateurs finaux. Le processus de collecte, tri et recyclage Pour valoriser les déchets plastiques, plusieurs étapes sont nécessaires : 1. La collecte La collecte est la première étape, où les matières plastiques recyclables sont séparées des déchets destinés à l’incinération ou à l’enfouissement. Elle permet d’acheminer ces matériaux vers des centres de tri ou de transformation. Les méthodes de collecte varient selon les types de déchets plastiques : • Collecte en apport volontaire : les usagers déposent leurs plastiques dans des conteneurs spécifiques. • Collecte sélective en porte-à-porte : les déchets sont ramassés directement chez les habitants. • Collecte des encombrants : concerne les objets volumineux.
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