Résumé du mois

Le mois de septembre qui marque le début de l’année hydrologique 2024-2025 affiche un bilan pluviométrique largement excédentaire à l’échelle de la Normandie. Avec des cumuls mensuels importants et une baisse des températures et de l’évapotranspiration, le bilan hydrique est positif sur toute la région. A l’issue de ce mois pluvieux et notamment sur la dernière décade, l’état d’humidité des sols Normands est partout supérieur aux normales de saison. Ce début d’année hydrologique bénéfique pour la ressource en eau semble donc marquer le début de la bascule automnale.

Un tel mois pluvieux n’est pas sans conséquences hydrologiques, et c’est donc dans l’ensemble de la région que les écoulements se stabilisent, voir augmentent fortement. Un gradient temporel entre l’ouest sur socle et l’est sédimentaire s’observe, classique pour cette période de l’année, avec une hausse des débits déjà observable entre la Manche et le Calvados, et une situation encore stable plus à l’est dans l’Eure et surtout la Seine-Maritime. Les débits de base sont très «favorables» au regard de statistiques du mois, mais c’est surtout le débit moyen mensuel qui est la variable atypique de ce mois. Il est lié à des coups d’eau assez intenses en septembre, et qui portent son débit moyen mensuel souvent au-delà de la valeur décennale.

Une aide à la lecture de l’hydrologie normande

La Normandie est une région à l’interface entre les formations anciennes du massif armoricain sur son tiers ouest, dites du socle, et les formations sédimentaires plus récentes du bassin parisien sur les deux tiers est. Ces deux entités s’opposent par leurs caractéristiques physiques en lien avec leur âge et leur origine. Cette diversité géologique, additionnée d’un gradient climatique ouest-est et sud-nord se traduit naturellement par une diversité de comportements hydrologiques sur le territoire. La carte ci-dessous présente le territoire couvert par les unités d’hydrométrie de la DREAL Normandie, ainsi que les 4 zones utilisées pour commenter chaque mois la situation hydrologique dans différents secteurs normands. Ce zonage a été construit à partir des contours connus des masses d’eau du SANDRE de sorte à proposer une synthèse de la situation hydrologique représentative d’un ensemble de bassins versants dont le fonctionnement hydrologique est supposé homogène.

Carte lithologique au 1/1000000 ème et répartition des cinq ensembles hydrologique. Survoler un des ensembles pour obtenir des informations sur son fonctionnement.

Précipitations, pluies efficaces, humidité des sols et écart aux normales

Les cartes ci-dessous sont produites par la DREAL à partir des données de la chaîne de modélisation SIM de Météo-France. Elles peuvent donc présenter de légères différences avec une analyse issue d’une autre donnée d’entrée produite par Météo-France.

Précipitations sur le mois

Pour le mois de octobre, les pluies cumulées s’étendent entre 64 et 160 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de 9 mm.

Avec une répartition très héterogène des précipitations à l’échelle de la région le bilan reste cependant légèrement excédentaire en juillet. Les précipitations ont été réparties tout au long du mois sans qu’aucune tendance par décade ne se dégage réellement. On pourra toutefois noter de forts cumuls journaliers enrégistrés les 30 et 31 juillet (respectivement 25,8 mm à Rouen et 34,8 mm à Evreux) suite aux importants orages orages qui ont touchés le nord-est de la région en fin de mois.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 25 et 132 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de 10 mm.

Une majeure partie de a région enregistre des valeurs négatives, Cependant les excédents pluviométriques de juillet sur le Cotentin, l’est et le sud-est de la région ont permis, malgré un niveau d’évapotranspiration habituellement élevé en saison estivale, de repasser à des valeurs positivesen Seine-Maritime, dans le nord-est de l’Eure, dans le centre de l’Orne et dans le Cotentin (secteur de la Hague) .

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Précipitations sur 12 mois

Sur les 12 derniers mois, les pluies cumulées s’étendent entre 825 et 1318 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de 164 mm.

Le rapport à la normale des pluies cumulées sur cette période présente donc un bilan nettement excédentaire. Cette situation évolue assez peu par rapport au mois précédent.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 286 et 676 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de 163 mm.

La situation est quasiment inchangée par rapport au mois précédent. Le bilan reste majoritairement excédentaire sur les deux tiers de la région. Sur les côtes est de la Manche, la moitié ouest du Calvados, le nord-est de l’Eure et la majeure partie de la Seine-Maritime les valeurs sont conformes aux normales saisonnières.

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Anomalie de précipitations

La situation est quasiment inchangée par rapport au mois précédent. Le bilan reste majoritairement excédentaire sur les deux tiers de la région. Sur les côtes est de la Manche, la moitié ouest du Calvados, le nord-est de l’Eure et la majeure partie de la Seine-Maritime les valeurs sont conformes aux normales saisonnières.

A la fin du mois, l’anomalie de précipitation annuelle par ensemble hydrologique se distingue comme suit:

  • 151 mm pour le Massif armoricain;
  • 195 mm pour le Bassin parisien sud-Seine;
  • 130 mm pour le Bassin parisien nord-Seine;
  • 149 mm pour le Pays de Bray.
*Anomalie de précipitation mensuelle et annuelle pour chaque secteur hydrologique. L'anomalie mensuelle est représentée sous forme de barres représentant le déficit (rouge) ou l’excédent (bleu) de pluie en mm. L’anomalie annuelle est représentée par la courbe continue grise, elle calculée sur 12 mois glissants : la valeur (en mm) d’un mois donné correspond à la somme des barres des 12 mois précédents.*

Anomalie de précipitation mensuelle et annuelle pour chaque secteur hydrologique. L’anomalie mensuelle est représentée sous forme de barres représentant le déficit (rouge) ou l’excédent (bleu) de pluie en mm. L’anomalie annuelle est représentée par la courbe continue grise, elle calculée sur 12 mois glissants : la valeur (en mm) d’un mois donné correspond à la somme des barres des 12 mois précédents.

Humidité du sol

En moyenne mensuelle, pour ce mois de octobre , l’indice d’humidité des sols est compris entre 0.4 et 1.04 avec une moyenne de 0.69. Les écarts aux normales s’étendent entre -8% et 128% pour une moyenne de 41%.

Malgré des quantités de précipitations moindres en juin et des sols plus secs par rapport au mois précédent, les niveaux d’humidité des sols restent donc très majoritairement supérieurs à la normale d’un mois de juin.

*Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à zéro, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égal à un, le sol est saturé d’eau et a atteint sa réserve utile.*

Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à zéro, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égal à un, le sol est saturé d’eau et a atteint sa réserve utile.

Situation hydrologique

Cartographie et distribution statistique sur la région

Carte (Q3Jn)

Le débit de base des cours d’eau, est représenté par la variable Q3Jn. Par rapport au mois précédent, il évolue en moyenne de:

  • 4% [-8%; 53%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 8 ans humide

  • 20% [0%; 78%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 6 ans humide

  • 111% [63%; 140%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de > 50 ans humide

  • 64% [1%; 171%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 5 ans humide

Les débits de base sont atteints en fin de mois sur les cours d’eau du bassin parisien , et plutôt en milieu de période sur les cours d’eau plus réactifs du massif armoricain, avant les épisodes pluvieux de la seconde quinzaine du mois d’août. Le record du plus petit débit de base pour un mois d’août a été battu sur la Dives à Beaumais (1969) et sur la Valmont à Colleville (2005) pour son deuxieme mois consécutif.

Qualification statistique saisonnière du débit de base, determiné ici par la variable Q3Jn. Certains sites en focus sont illustrés plus en détail dans la section suivante.

Carte (QMM)

Le débit moyen mensuel QMM est une variable qui intègre l’ensemble des écoulements mesurés à l’exutoire sur le mois. Il est donc théoriquement au moins supérieur ou égal au Q3Jn et sera d’autant plus élevé si il a plu sur la période. Par rapport au mois précédent, il évolue en moyenne de:

  • 9% [-12%; 97%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 8 ans humide

  • 100% [19%; 443%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 10 ans humide

  • 168% [137%; 219%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de > 50 ans humide

  • 186% [20%; 412%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 6 ans humide

Les débits moyens mensuels d’aout sont en baisse, mais les épisodes pluvieux en début de mois et sur la seconde quinzaine d’août ont contribué à ralentir le tarrissement saisonnier des débits qui, pour rappel, étaient de -30% entre juin et juillet. Certains secteurs plus arrosés en août, et notamment l’amont des bassins versants de la Dives et de l’Orne, enregistrent toutefois des augmentations significatives de leur débits mensuels :la Dives à Saint-Lambert-sur-Dives (+38%), la Cance à Tanques (+25%) et la cance à Tanques (+23%)

Malgré cette diminution quasi-généralisée des débits mensuels, l’hydraulicité est en augmentation de +7%, essentiellement portée par le massif armoricain (+12%). Les valeurs d’hydraulicité les plus importantes sont observés sur la Dives à Beaumais et la Cance à Tanques, station sur lersquels les écoulements mensuels ont été respectivement 3 fois et 2 fois plus importants que les normales d’un mois d’août . A contrario plusieurs stations du bassin parisien (L’Odon à Epinay-sur-Odon, la Souleuvre à Carville, La Soulles à Coutances et la Seulles à Juvigny-sur-Seulles enregistrent des écoulements inferieurs de moitié aux normales d’août.

Qualification statistique saisonnière du débit moyen mensuel. Certains sites en focus sont illustrés plus en détail dans la section suivante.

Evolution sur l’année

Evolution par mois de la qualification statistique du débit de base.

Dynamique hydrologique sur l’année et sur le mois

Nous invitons le lecteur pour un suivi fin et sur de plus longues périodes, à se référer à la plateforme de suivi de la situation hydrologique normande, ou encore directement sur l’HydroPortail.

Pays de Bray

Le mois de mai a été pluvieux, et cela ne passe pas inaperçu sur le pays de Bray, qui présente une réaction assez franche sur ses cours d’eau (ici l’Andelle à Rouvray-Catillon). Depuis le mois de février, les flux mesurés sont au moins supérieurs à la médiane saisonnière. Le mois d’avril a été plus sec, d’où la chute visible en fin de mois, mais en mai la tendance médiane réapparaît. On remarquera par ailleurs les deux crues successives en milieu de mois qui atteignent la quinquennale.

Bassin parisien nord Seine

Sur le pays Cauchois, l’hiver a été particulièrement pluvieux, à l’image du reste de la Normandie. En revanche la pluviométrie plus proche des normales en mars et avril marque le début du tarissement sur le secteur est (ici l’Yères à Touffreville-sur-Eu), conformément aux enveloppes statistiques. Les débits restent dans cependant bien supérieures à la courbe médiane, et ce depuis novembre 2023. Plus à l’ouest (Durdent, Ganzeville, Saâne,etc.), nous assistons cependant à un maintien à des niveaux hauts à très hauts. C’est une observation à mettre en perspective de la recharge des eaux souterraines qui va, dans ce secteur, atteindre son pic dans les prochaines semaines.

Bassin parisien sud Seine

Les cours d’eau de l’Eure suivent souvent la même dynamique que ceux de Seine-Maritime. Cette année ne déroge pas à la règle, d’autant plus que les plus grands excédents de précipitations ont été observés dans ce département. Ainsi, il n’est pas rare de voir des débits qui dépassent la médiane saisonnière depuis novembre. Sur le Guiel à Montreuil-l’Argillé par exemple ces débits s’en écartent même et sont à la hausse, notamment suite aux orages de milieu de mois (2 et 12 mai).

Plus au sud sur l’Eure à Saint-Luperce, la même tendance générale est observée. Cependant, le tarissement semble démarré avec des débits de base qui tendent dorénavant à diminuer, conformément aux normales saisonnières. Les débits restent tout de même étonnamment élevés au regard de la norme pour un mois de mai!

Massif armoricain

Les cours d’eau de l’Eure suivent souvent la même dynamique que ceux de Seine-Maritime. Cette année ne déroge pas à la règle, d’autant plus que les plus grands excédents de précipitations ont été observés dans ce département. Ainsi, il n’est pas rare de voir des débits qui dépassent la médiane saisonnière depuis novembre. Sur le Guiel à Montreuil-l’Argillé par exemple ces débits s’en écartent même et sont à la hausse, notamment suite aux orages de milieu de mois (2 et 12 mai).

Plus au sud sur l’Eure à Saint-Luperce, la même tendance générale est observée. Cependant, le tarissement semble démarré avec des débits de base qui tendent dorénavant à diminuer, conformément aux normales saisonnières. Les débits restent tout de même étonnamment élevés au regard de la norme pour un mois de mai!