Introduction

Les chénaies de la forêt domaniale de Vierzon composées de chênes pédonculés et de chênes sessiles subissent un dépérissement depuis le début des années 2000. Chénaies majoritairement acidiphile reposant sur un sol hydromorphe et pauvre chimiquement, les arbres sont alors loin de leur optimum de développement. Le facteur déclenchant admis à l’époque est une forte attaque d’oïdium à la fin des années 90 affaiblissant fortement les arbres touchés, les rendant vulnérables à l’armillaire et aux agriles. Après une phase de répit, les chênes montraient de nouveaux signes de dépérissement certainement provoqué par ….

En 2018, une première campagne de notation des houppiers de chênes a été réalisé par road sampling. Cette méthode d’échantillonnage se base sur le réseau de chemin forestier parcourant le massif. Les points d’arrêts ont été déterminés préalablement par SIG à raison d’une placette par kilomètre (zone de chênaie excluant les zones régénérées) pour un total de 43 placettes couvrant la totalité du massif. Pour chaque placette, 20 arbres de l’étage dominant ont été noté: détermination de l’essence (chêne pédonculé, chêne sessile, chêne rouge ou hêtre), détermination de la classe de diamètre (Petit Bois, Bois Moyen, Gros Bois ou Très Gros Bois) et évaluation de l’état sanitaire des houppiers avec la méthode DEPERIS. Le résultat de cette campagne a permis de constater un état de dépérissement important chez le chêne pédonculé et un état dégradé du chêne sessile.

Cette première notation a permis de faire un bilan objectif de l’état sanitaire des chênaies du massif et marquant un état initiale. Un retour en 2021 permet de suivre l’évolution des dépérissements et les conséquences des sécheresses succesives 2018, 2019 et 2020. Le protocole est alors sensiblement le même. Retour sur les points d’arrêts de la première campagne, notation de 20 arbres (pas nécessairement les mêmes) excluant cette fois les arbres de classe de diamètre de Petit Bois. La campagne de notation de 2018 menée à Vierzon fut la première campagne avec ce protocole et la méthode de notation DEPERIS. Avec la pratique, il a été observé que la notation DEPERIS n’était pas adaptée à la classe Petit Bois car le houppier n’est pas entièrement mis en place. C’est pourquoi, en 2021 aucun houppier de Petit Bois n’a été évalué. Pour l’analyse, les petits bois notés en 2017 ont été retirés de l’effectif de cette année là.

L’objectif ici est de comparer l’évolution de l’état sanitaire des chênes pédonculés et des chênes sessiles puis d’identifier les peuplements où la placette de notation indique un état dégradé des arbres évalués.

Repartition des placettes de notation

Année Nombre de placettes Nombre d’arbres notés
2018 43 860
2021 43 860
Chêne pédonculé Chêne rouvre
2018 351 463
2021 183 647

Lors de la deuxième campagne de notation de 2021, les observations ont été réalisées au plus proche des placettes de notation de la campagne de 2018. Au total, 860 arbres ont été notés répartis sur 43 placettes. Soit 20 arbres par placette. Parmis ces arbres 317 (+ 34 Petits Bois) étaient des chênes pédonculés et 358 des chênes sessiles (+ 105 Petits Bois) en 2018, et 183 étaient des chênes pédonculés et 647 des chênes sessiles en 2021. Le restant étant du chêne rouge ou du hêtre, leur effectif étant trop faible, ils ne figurent pas dans l’analyse.

Distribution des arbres notés selon leur classe de diamètre

Chêne pédonculé
BM GB TGB
2018 111 139 67
2021 52 99 32
Chêne sessile
BM GB TGB
2018 148 142 68
2021 306 313 28

L’effectif de chênes pédonculés notés en 2021 est moitié moindre que celui de 2021 pour chaque classe de diamètre. Alors que les effectifs de chênes sessiles de classe Bois Moyen ou Gros Bois ont doublé en 2021. Cela peut s’expliquer soit par l’exploitation des chênes pédonculés très dépérissant (à vérifier avec les données ONF), soit par une part de confusion lors de la détermination des essences.

Distribution des arbres notés selon leur note DEPERIS

Répartition des Chênes pédonculés en fonction de leur note DEPERIS
A B C D E F
2018 2.8 33.4 26.2 21.5 6.3 9.8
2021 1.1 28.4 36.6 24.6 3.3 6.0
Répartition des Chênes sessiles en fonction de leur note DEPERIS
A B C D E F
2018 14.5 44.7 22.9 10.9 2.8 4.2
2021 11.4 37.6 21.3 14.4 7.3 8.0

Il est observé une dégradation significative des chênes seesiles entre 2018 et 2021. En 2018, 17,4% des chênes sessiles avaient un houppier dégradé (note D, E ou F dont 7% E et F). En 2021 cela s’élève à 29,7% de chênes sessiles dégradés (dont 15,3% E et F). Pour les chênes pédonculés, l’état sanitaire est comparable entre 2018 et 2021 avec respectivement 37,6% et 33,9% de chênes pédonculés dégradés. Tout en gardant en tête que les arbres les plus dégradés en 2018 ont pu être exploités avant 2021. Les chênes pédonculés notés D, E ou F notés en 2021 ne sont donc pas nécéssairement les mêmes qu’en 2018. Que ce soit en 2018 ou 2021, les chênes pédonculés sont plus dégradés que les chênes sessiles.

Distribution de l’état sanitaire selon la catégorie de diamètre

Aucune évolution significative n’est observée lorsque que l’on observe l’état sanitaire des houppiers entre 2018 et 2021 en fonction de la catégorie de diamètre. Parmis les Bois Moyens, 31% étaient dégradés en 2018 dont 15% avec une note de D contre 30% d’arbres dégradés en 2021 dont 12% de note D. Même tendance pour les Gros Bois, 30% de dégradés en 2018 contre 35% en 2021. Pour les deux périodes de notation, l’état sanitaire des houppiers était comparable entre les différentes catégories de diamètre

En 2018, les chênes pédonculés de classe bois moyen s’avérait être la classe la plus dégradée avec 53% d’arbres notés D,E ou F dont 30% notés E ou F. Cette observation est la même en 2021, avec 51% d’arbres notés D,E ou F dont 20% E ou F. En revanche pour chaque classe de diamètre les arbres échantillonés présentent un aspect sanitaire stable entre les deux périodes de notation.

Pour les chênes sessiles, la classe de diamètre la plus dégradée en 2018 était les Très Gros Bois. En 2021, ce sont les Gros Bois qui présentent un houppier plus détérioré. Par ailleurs, les Bois Moyens et les Gros Bois se sont significativement dégradés entre 2018 et 2021 alors que les Très Gros se sont maintenus dans le même état sanitaire.

Placettes dont l’état sanitaire des houppiers est dégradé

A l’échelle de la placette, une différence notable est observée entre 2018 et 2021. Une placette est considérée comme dégradée lorsque plus de 20% des arbres ont une note D,E ou F, et très dégradée lorsque plus de 20% des arbres ont une note E ou F. En 2021, 15 placettes montre un taux d’arbre noté D,E et F supérieur à 20%. Parmis celles ci, les notations réalisées sur 4 d’entre elles indiquent un état sanitaire plus détérioré des arbres notés en 2021, classant la placette en dégradé (parcelles 35, 57,81 258 et 292), et 5 classant la placette en très dégradé (parcelles 22, 148, 151, 242 et 261)

Placettes dont l’état sanitaire se détériore significativement

## [1] "151" "164" "2"   "22"  "235" "242" "249" "8"   "83"
## [1] "2"   "235" "249" "258" "292" "35"  "57"  "81"
## [1] "133" "213" "26"  "261" "87"
## [1] "148" "151" "22"  "242" "26"  "261" "83"  "87"

Biljou